Ron Hubbard
Explorateur de l’esprit humain
« Il est capable de sortir d’une vrille et de redresser l’appareil à deux mètres cinquante du sol, tout en narguant le croque-mort qui a l’habitude de rôder sur le terrain d’aviation ». Ainsi décrivait-on L.Ron Hubbard dans la revue The sportsman Pilot en 1934.
Hubbard n’avait rien du philosophe de tour d’ivoire. Écrivain, explorateur, navigateur, pilote d’avion et photographe, il avait déjà fait plusieurs fois le tour du globe avant sa vingtième année.
Lafayette Ronald Hubbard naît le 13 mars 1911 à Tilden, dans le Nebraska. Il effectue un premier voyage en Asie en compagnie de ses parents avec lesquels il visite notamment les Philippines et Hong Kong. À seize ans, il part seul à travers la Chine et le Tibet. Même s’il apprécie l’exotisme de l’aventure, Hubbard tirera surtout de cette expérience des observations qui lui seront utiles pour ses recherches.
« Réaliser quelque chose donne à l’individu le sentiment de son utilité et de sa valeur personnelle », dira Hubbard en 1983 avec une interview pour le Rocky Mountain News, journal du Colorado. « J’ai appris cela très jeune, lors d’un voyage en Extrême-Orient. Je me trouvais alors au « Pays de la Grande Sagesse » - C’est du moins ce que les « experts » m’avaient enseigné à l’école. Mais lorsque j’ai observé les choses par moi-même, j’ai vu bien plus qu’une profonde pauvreté. J’ai vu l’absence d’utilité et de valeurs individuelles. C’est peu de dire que la vie était bon marché. »
Mais cette confrontation avec cet aspect de l’Extrême Oient ne le rendra ni amer ni cynique. Hubbard rentre aux Etats-Unis pour poursuivre ses études. Après deux écoles préparatoires, il entre à l’université George Washington où il assiste au premier cours de physique nucléaire jamais enseigné en Amérique. Il prend alors conscience du danger fondamental que représente, pour l’humanité, la fission de l’atome entre les mains de quelques déséquilibrés.
Mais l’étude de la structure de l’atome et des mathématiques sera une étape importante dans ses recherches, et lui permettra d’intégrer parfaitement la méthodologie scientifique pour l’appliquer aux sciences humaines.
Au sortir de l’université, Hubbard se replonge dans le grand laboratoire que représente la vie elle-même. De vingt et un à vingt-neuf ans, il mène de nombreuses expéditions dans les Caraïbes et en Alaska et devient membre du prestigieux Club des Explorateurs.
Tout en écrivant des articles et des livres de fiction, il n’en poursuit pas moins ses recherches dans le royaume de l’esprit. Hubbard veut isoler le principe de base de l’existence. Un dénominateur qui serait commun à tous les êtres vivants. Il le découvre en 1938 : c’est l’impulsion à survivre. Que l’Homme survivre n’est pas une idée nouvelle. Mais que ce soit le seul dénominateur commun et fondamental de toute l’existence en était certainement une et Hubbard avait ainsi posé les jalons de toutes ses recherches à venir.
Mais la Seconde Guerre mondiale allait les interrompre. Officier de réserve, en 1941, il est d’abord affecté dans le Pacifique, en Australie et dans les Philippines.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, hospitalisé en Californie à la suite de plusieurs blessures, il profite de sa convalescence pour poursuivre ses recherches sur lui-même et sur d’autres patients.
« tout ce que j’essayais d’établir », écrira-t-il plus tard, « c’était de savoir si c’était le mental qui régulait le corps ou l’inverse ».
Étudiant un cas après l’autre, il s’aperçoit qu’en utilisant les applications de ses recherches, une fois les blocages mentaux résolus, les patients qui ne réagissaient pas auparavant s’améliorent désormais immédiatement lorsque le corps médical leur administre les traitements appropriés.
Donc, il est un fait que la fonction domine la structure.
« Les gens agissent sous l’effet d’impulsions », écrit-il, « et obéissent à des choses qui vont à l’encontre de leur libre-arbitre. (…) Nous découvrîmes qu’il existait des plaques d’énergie sur lesquelles étaient gravées des perceptions d’incidents passés, y compris de la douleur. Et ces plaques d’énergie sont des images mentales capables d’exercer une sensation de douleur sur l’individu. Autrement dit, en réactivant des incidents de douleur passée et en les ramenant dans le présent, elles dictent, à son insu, un comportement irrationnel à la personne ». Hubbard développe alors les techniques qui vont permettre d’effacer l’effet négatif de ces enregistrements de douleur ou d’émotion douloureuse, ne laissant place qu’à la mémoire des incidents eux-mêmes. Hubbard nomme cette approche « Dianétique », du grec « dia » : à travers, et « noos » : la pensée.
Tony Hitchman, journaliste anglo-saxon qui avait interviewé Hubbard en 1966 pour la télévision rhodésienne, déclarera en 1982 : « Mon opinion est que le monde scientifique a encore beaucoup de chemin à faire avant de rattraper M.Hubbard et ses recherches sur la Dianétique, laquelle, dans de nombreux domaines, avait et a toujours un siècle d’avance sur son temps. (…) j’ai eu l’occasion d’observer cet homme par moi-même, de voir ce qui le motivait et de comprendre ce qu’il faisait. Au fil des ans, j’ai vu les résultats de son travail sur des centaines et des centaines de gens. »
Des amis et des collaborateurs de Hubbard, conscients des résultats étonnants obtenus avec la Dianétique, le persuadent d’écrire un manuel exhaustif sur le sujet, qui soit accessible au grand public, et de le publier. Ainsi paraît, le 9 mai 1950, le livre qui allait devenir un best-seller mondial (plus de 18 millions d’exemplaires vendus à ce jour) La dianétique : La puissance de la pensée sur le corps. Ce livre sera suivi en 1951 de Self Analyse et de Science de la survie, qui marque un tournant important dans ses recherches.
A l’automne 51, il écrit : « j’ai découvert ce qui regardait les images mentales. Je l’ai décrit. Et j’ai découvert que l’on pouvait faire, sur un plan pratique, des choses que personne n’avait jamais faites auparavant. Et, tout à coup, que je le veuille ou non, je me suis retrouvé dans le domaine de la religion. J’y étais. C’était très simple – l’âme humaine était l’individu. »
Plutôt que d’utiliser les mots âme ou esprit qui prêtent à diverses interprétations, Hubbard a choisi le mot « thétan » qui vient de la lettre grecque théta (pensée, vie). Le thétan n’est ni le corps, ni le nom, ni le mental de la personne, ni l’univers matériel ni quoi que ce soit d’autre que l’individu lui-même : ce qui est conscient d’être conscient ; l’identité qu’est l’individu.
« Là où bien d’autres philosophes cherchaient seulement à étudier la cause ultime ou totale, j’ai essayé de travailler seulement sur des données pratiques ou applicables. Pour moi la sagesse est quelque chose qu’on « utilise ». Pour distinguer mon travail des autres écoles de pensée, je l’ai appelé Scientologie, écrit L. Ron Hubbard. Cela vient de Scio, « savoir » et Logos, « étude ».
Hubbard poursuivra ses recherches dans d’autres domaines : la sociologie, l’éducation, l’art, la biologie, etc. Il est devenu en même temps un écrivain de renommée mondiale, traduit dans une trentaine de langues.
Pour conclure, citons simplement Hubbard lui-même : « Les gens m’ont souvent demandé d’écrire une autobiographie. Je l’aurais fait volontiers si j’en avais eu le temps, mais je considère cela, tout comme je me considère moi-même, sans aucune importance…
J’ai parcouru le monde pour étudier l’Homme afin de le comprendre et ce qui importe, c’est LUI, et non mes aventures….
La seule chose qui compte pour moi, c’est d’avoir terminé et consigné mes travaux par écrit. Envers et contre tout, cela je l’ai fait.
Ainsi l’Homme, quoi qu’il dise ou fasse aujourd’hui, sera peut-être un jour content que j’aie vécu ».
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