La relation entre la Scientologie et les autres religions
La relation entre la Scientologie et les autres religions Par Fumio Sawada M. Fumio Sawada est le huitième détenteur des secrets du Shinto Yui-Itsu, la plus ancienne religion du Japon. Shinto Yui-Itsu signifie « Voie de Dieu, Créateur du Ciel et de la terre ». Le premier détenteur des secrets du shinto Yui-Itsu, ou secrets Tamanoya, fut Shoto-ku-Taishi (le prince Shotoku), il y a 1440 ans. Le deuxième fut l’empereur Temmu, en 712, qui rédigea, d’autre part, la première histoire écrite du Japon, le Kojiki.
Huitième détenteur des secrets du Shinto Yui-Itsu
Le troisième détenteur de ces secrets fut le fondateur de la religion shugendo.
M.Sawada fut le directeur de l’Université Sophis, l’une des universités japonaises les plus distinguées. Il est aujourd’hui président du parti chrétien démocrate japonais. Il est devenu Haji, un titre vénéré par les musulmans, après avoir accompli un pèlerinage à la Mecque.
Il est président du centre Ahlut-Bait (A.S.) au Japon. Son fils aîné poursuit actuellement des études islamiques en Iran, tandis que son second fils étudie au Vatican.
Introduction
L’auteur du présent essai se penche sur les similarités et les différences entre la religion de la Scientologie et d’autres religions dans le monde. En tant que Japonais, il accorde un intérêt particulier aux similarités et aux différences qui existent entre la Scientologie et les religions japonaises. Au Japon, religion veut dire enseigner l’origine, enseigner la source de l’origine. Telle est la définition japonaise du terme. Il est impossible qu’elle diffère de la définition occidentale. C’est néanmoins la définition japonaise que nous utiliserons pour le présent essai. Ajoutons qu’au regard de la loi japonaise, pour être une religion, une organisation religieuse doit répandre ses enseignements, célébrer des cérémonies religieuses et former ses paroissiens. La Scientologie remplit toutes ces conditions, comme le montre ce qui suit. Il existe un poème japonais de 31 syllabes, un « waka », où figure la réflexion suivante : il y a beaucoup de chemins au pied de la montagne, mais la lune est la même vue du sommet. C’est un ancien poème, antérieur à l’arrivée du Christianisme au Japon. Il fait surtout allusion aux deux religions principales du Japon, le shinto et le Bouddhisme, où il est dit que la fin est la même, quelle que soit la religion à laquelle on appartient. Il s’agissait de démontrer que les querelles ne riment à rien. Mais avant tout, étant donné toutes les similarités entre toutes les religions, pourquoi s’attacher aux différences ? La religion de la Scientologie est assez peu connue au Japon, bien que l’on trouve dans de nombreuses bibliothèques, outre les livres du fondateur, Ron Hubbard, les publications de l’Eglise de Scientologie. Après lecture de 30 livres sur le sujet, l’auteur du présent essai les recommande à toute personne souhaitant en apprendre plus sur la question.
Qu’est-ce que la Scientologie ?
Les origines de la Scientologie remontent aux années 1930, époque où Ron Hubbard, l’Américain qui devait devenir le fondateur de la Scientologie, parcourut l’Orient en essayant de comprendre pourquoi l’homme était en butte à tant de misère dans sa vie. Personne n’avait été en mesure de lui répondre lorsque, jeune homme, il posait des questions sur la provenance et la destinée de l’homme. En 1950, M. Hubbard écrivit un livre sur un sujet qu’il appela la Dianétique (du grec dia, à travers et noos, l’esprit), et qui fut le résultat de ses recherches sur le mental. Son livre, La Dianétique : La puissance de la pensée sur le corps, a connu un grand succès, est très vite devenu un best-seller et s’est vendu à ce jour à plus de 17 millions d’exemplaires. Le mouvement de la Dianétique prit de l’ampleur et la recherche passa du mental au spirituel ; ce fut la naissance d’un autre sujet : la Scientologie. En 1954, la première Eglise de Scientologie fut fondée aux Etats-Unis d’Amérique. La Dianétique fit son entrée au Japon peu après, mais l’envoi d’une première mission officielle dans le pays date de 1962, année qui constitue donc le point de départ de l’histoire de la Scientologie au Japon. La première conférence sur la Scientologie eut lieu le 10 septembre 1962 dans un auditorium bondé. Dans son livre Scientologie : Les fondements de la vie, M. Hubbard explique que le sujet remonte en fait aux origines de la psychologie. Il précise qu’il n’est pas issu de la psychologie contemporaine mais de la psychologie que l’on enseignait autrefois dans les religions du monde, avant que l’essence spirituelle de cette étude ne soit éliminée au cours du dix-neuvième siècle. Psychologie signifie, littéralement, « étude de l’esprit ». Or la psychologie contemporaine ne répond plus à cette définition ; elle n’étudie plus l’esprit, ne le reconnaît plus comme domaine d’étude légitime. C’est un point sur lequel la Scientologie s’en démarque fortement ; elle étudie bien l’esprit comme le font la plupart des grandes religions du monde. Les religions conviennent généralement du fait que l’esprit humain participe de la grande « force de vie » du présent univers. Reste que le terme « esprit » est difficile à définir. Certains affirmeraient que l’esprit est en fait le mental humain. Mais dans la Scientologie, le mot « esprit » revient au « soi » et recouvre beaucoup plus que le mental. Dans une religion shinto japonaise, Seïchi-no-le, le concept est exprimé par ce qui se traduit comme « l’enfant de Dieu ». Cela correspond aux mots japonais « hime » ou « hiko ». Dans la Scientologie, M. Hubbard a formé le mot « thétan » d’après la lettre grecque désignant l’esprit, faute de mot qui le décrivait pleinement. Dans le domaine de la religion, il n’est pas inhabituel de créer des mots nouveaux afin d’exprimer des concepts neufs pour lesquels il n’existe pas encore de mots. Ainsi, au Japon, maître Kobodaishi, fondateur du shingon (une importante secte ésotérique bouddhiste, très ancienne et traditionnelle), a-t-il créé de nombreux termes dont la nécessité se faisait sentir pour la pratique de cette religion. Toutefois, la Scientologie n’a pas créé de nom nouveau pour Dieu. Bien que l’étude de la Scientologie ne soit pas centrée sur l’idée de Dieu et que les membres se fassent leur propre idée de ce à quoi correspond ce terme, les mots utilisés pour exprimer ce concept sont : « l’être suprême », « l’infini », « la totalité de tout », « l’auteur de l’univers » et, bien sûr, « Dieu ». Contrairement à d’autres religions, la Scientologie n’a pas de dogme particulier sur le concept de Dieu. Il s’agit plutôt de permettre à l’individu de parvenir à une compréhension propre de sa place dans l’univers et de la nature des choses. La foi peut alors en découler. En conséquence, les étudiants de la Scientologie semblent provenir non seulement de toutes les couches de la société et de toutes les nations, mais aussi de traditions religieuses très diverses. Il est fréquent au japon et en Orient d’adhérer à plus d’une religion. Dans cette tradition, certains Japonais étudient la Scientologie sans abandonner pour autant leurs autres religions ; autant que puisse en juger l’auteur du présent essai, ils ont utilisé la Scientologie pour renforcer leurs engagements religieux préalables et leur foi en Dieu. C’est un concept qui se rapproche quelque peu de la pratique adoptée par une religion Shinto relativement récente, Seico-no-le, dont les adeptes sont issus de confessions bouddhistes, chrétiennes et autres.
Le mot « Scientologie » vient du latin scio, qui signifie « connaître, au sens le plus plein du terme », et du grec logos, qui veut dire « parole » ou « raison ».
La Scientologie et sa corrélation avec d’autres religions
La Scientologie présente des similarités évidentes avec le Bouddhisme. À tel point que M. Hubbard a demandé un jour à des personnalités bouddhistes en Asie s’il était possible qu’il soit le Metteya qu’avait prophétisé Bouddha. À l’heure de sa mort, le bouddha Gautama Siddhârta avait dit à ses fidèles qu’un bouddha viendrait dans le futur achever le travail qu’il avait entamé et qu’on l’appellerait le Metteya. Mais seul le temps permettra de dire si M. Hubbard parachèvera les intentions humanitaires du grand Siddharta. Répondre à la question soulevée par M. Hubbard n’est pas le propos du présent article. Notons néanmoins que la réalisation de prophéties est un autre point commun avec d’autres religions tant majeures que mineures. Le premier livre lu par l’auteur de cet article fut Scientologie : Les fondements de la vie. Dès les premières pages, les similarités avec les religions shinto apparurent de façon frappante. C’est vrai notamment de la conception de la vie comme simple apparence, le monde physique n’étant qu’un monde apparent fait pour être perçu par les sens. Cela se rapproche beaucoup de ce qu’enseigne le fondateur de seïcho-no-le, maître Masaharu Taniguchi. Maître Taniguchi figurait parmi les quatre personnes chargées de transcrire l’histoire de l’univers pour le saint maître Onisabura Deguchi, de l’Oomoto, une autre religion shinto du Japon. L’Oomoto et le Seïcho-no-le sont des religions relativement récentes dans l’histoire du Japon, la première datant de la fin du dix-neuvième siècle et la seconde du début des années 1920. On retrouve dans le Bouddhisme l’idée du caractère apparent de la vie, exprimée par « Shii soku, Ku soku ze shiki », ce qui signifie simplement que tout ce qui peut être perçu par les cinq sens n’est que néant ou vide. Les bouddhistes affirment aussi que les univers de l’homme ne sont que des manifestations de l’esprit. Il va sans dire que le Bouddhisme, tout comme la Scientologie , a un sens profond. Il existe dans la scientologie d’autres explications de la vie et du mental qui se rapprochent de certaines croyances shinto : par exemple, la mémoire est impressionnée comme une pellicule par le souvenir des expériences, chacune d’entre elles y laissant une image de l’événement survenu dans la vie de la personne. Là encore, il existe une parenté avec le Seïcho-no-le. Plus frappant encore est l’usage du terme thêta. Il existe dans le Shinto Yui-Itsu un terme qui pourrait y correspondre et qui signifie « la grande force de vie de l’Univers ». C’est également similaire au Shinto Hakke, dont les membres ont été chargés des services religieux de la cour impériale jusqu’à l’époque de la restauration Meiji. Ce même concept est à la base des religions shinto plus récentes qui se sont développées après la guerre, comme le Mahikari. Pour conclure, l’idée de vies antérieures est depuis longtemps pleinement acceptée par les religions orientales. Tant la théorie que la pratique de la Scientologie sont fondées sur le principe que chacun est un être spirituel (dénommé thétan par M.Hubbard), qui peut se rappeler ses vies antérieures, et que les actions passées de chaque être spirituel déterminent sa situation dans le présent. Il existe au Japon 180 000 entités religieuses, et je pense que toutes adoptent ce concept, sous une forme ou une autre. C’est d’ailleurs un concept qui remonte bien plus loin que le Bouddha, en fait jusqu’aux Veda, source de toutes les grandes religions de l’Inde.
Les pratiques de la Scientologie : l’audition
L’audition, du latin audire, « entendre » ou « écouter », constitue la pratique centrale de la Scientologie. La personne qui répond aux questions de l’auditeur (celui qui écoute) atteint ainsi un état mental et spirituel supérieur, ainsi qu’une guérison de maux physiques psychosomatiques. Cela ressemble beaucoup à certaines des religions shinto plus récents, issues de la lignée du Shinto Yui-Itsu au Japon, une tradition qui remonte à 1400 ans. La pensée de la Scientologie date du début des années 1930, à l’époque où les religions shinto plus récentes recherchaient elles aussi une pratique religieuse qui pourrait être appliquée à la guérison de l’esprit. Aux Etats-Unis, l’audition a commencé en 1950, année de la publication de La Dianétique : La puissance de la pensée sur le corps. Dans cet ouvrage, M. Hubbard décrit comment il est possible de parvenir à l’état de clair, c’est-à-dire un état où l’on est libéré de ce qu’il appelle le mental réactif. Cela pourrait être comparé à l’état de « Satori » ou même de « Naikan » dans le Bouddhisme. Dans certaines religions shinto, il existe une façon de méditer sur les expériences de son enfance ou de ses vies antérieures, sous la direction d’un maître, afin de réfléchir par soi-même sur sa façon d’être dans le temps présent. L’audition, qui peut aussi se décrire comme la réflexion d’une personne sur son passé, qu’il s’agisse de l’enfance ou de vies antérieures, permet elle aussi de réfléchir à sa condition actuelle et de la comprendre. On apprend comment auditer une autre personne dans les salles de cours de la Scientologie, aussi appelées Académies. Sous la conduite d’un superviseur, l’étudiant y étudie et y pratique les techniques de l’audition. L’audition est la technique qui permet à l’auditeur formé d’amener un individu non Clair à répondre à des questions sur son passé. L’individu recevant de l’audition est appelé « préclair », puisqu’il n’est pas encore Clair. En répondant aux questions que lui pose l’auditeur, le préclair éprouve une diminution de stress, une amélioration et une paix de l’esprit, ainsi qu’un bien-être spirituel général. La période de formation nécessaire pour devenir un auditeur compétent varie de quelques mois à plusieurs années selon le degré de compétence et d’exactitude recherché par l’auditeur. Dans la pratique du Seïcho-no-le appelé « Sin-so-Kan », une personne est entraînée à faire face à elle-même en se penchant sur son passé. Il y a là aussi une similarité avec l’audition : la nécessité dans les deux cas de faire face à son passé. En Scientologie, le Pont vers la liberté totale est une voie permettant d’atteindre la connaissance par étapes graduelles. Le progrès sur ce Pont, en recevant l’audition et en apprenant comment auditer, se traduit non seulement par une illumination mais aussi par un état spirituel comparable au Chin-Kon-Ki-Shin, le grand secret du Shinto, qui veut dire : » apaiser l’esprit de l’homme afin qu’il puisse recouvrer un état semblable à Dieu ». Ces concepts sont tout à fait similaires. Ceci est pratiqué dans diverses religions shinto, notamment par le shinto Hakke, fondé en l’an 1025 après Jésus-Christ. Contrairement aux autres religions, les religions japonaises n’ont pas perdu l’art naturel d’aider les gens à s’améliorer grâce à la guérison spirituelle et le pratiquent toujours. Seïcho-no-le, Sekai-Kyusei-Kyo, Shinto-Tenkokyo, Ananai-Kyo et d’autres religions japonaises sont toutes adeptes des pratiques permettant d’atteindre l’état de « Chin-Kon Kishin ». Elles comptent 20 millions d’adhérents. Les techniques diffèrent, mais le propos et le but présentent une analogie évidente avec la pratique de l’audition de la Scientologie et avec le progrès graduel de ses membres sur le Pont vers la liberté totale. Il existe des descriptions d’un état similaire dans d’autres religions ailleurs dans le monde. Dans l’Islam, par exemple, le terme « Imam Zamam » s’applique à une personne qui connaît une telle illumination qu’elle est en mesure de comprendre pleinement les sept significations du Coran. Cela nous ramène au point de départ : la prophétie du Bouddha selon laquelle Metteya libérerait un jour l’homme de ce qui l’empêche de progresser. Au Japon, cette prophétie à propos de Metteya diffère de celle de la tradition Pali. Dans cette dernière, il ne s’agit pas nécessairement du retour d’une personne, mais plutôt d’un moyen pour l’homme de revenir à l’état spirituel prédit. Au Japon, nombre de religions, tant shinto que bouddhistes, ont attendu cet avènement. Il est certain que la Scientologie offre un moyen d’élever les aptitudes spirituelles de l’homme. Or, le Japon est un pays où les religions mettent l’accent sur l’élévation des capacités spirituelles de chacun. Du point de vue japonais, la Scientologie est réellement une religion, semblable à d’autres religions existants déjà dans ce pays.
Dans la religion Oomoto, le « Naikan » est toujours pratiqué et permet de réhabiliter les délinquants juvéniles, ce qui lui a valu les éloges du gouvernement régional. De façon similaire, là aussi, la Scientologie met en œuvre dans plusieurs points du globe des programmes de réhabilitation des délinquants juvéniles. Ainsi le « Naikan » et l’audition présentent-ils des similarités, même s’ils ont aussi des différences, fondamentales. C’est un exemple de deux religions provenant de deux cultures, abordant un même problème et parvenant à des réponses d’une ressemblance manifeste. L’audition amène une personne à dire en détail à un auditeur ce qui l’a troublé dans le passé alors que le « Naikan » amène une personne à méditer seule sur la question sous la tutelle d’un maître, mais le résultat est le même dans les deux cas : une amélioration de la conduite spirituelle et la résurgence d’un comportement conforme à l’éthique.
La confession des Chrétiens, elle implique d’être confronté à son passé. Cela se rapproche de la Scientologie qui propose elle aussi un mode de confession : une personne doit se pencher sur son passé, y faire face avec l’aide d’une autre personne (l’auditeur) et se confesser. Le résultat est le même pour les deux religions : une amélioration de l’esprit et un renouveau de la force vitale.
Conclusion
En conclusion, la décision qui s’impose est que la Scientologie est une religion. Elle a plus de similarités avec les religions japonaises qu’avec les religions occidentales et, pour cette raison, elle est susceptible d’être mal comprises en Occident où elle diffère des religions établies. Elle n’en reste pas moins une religion internationale, fort similaire à des religions japonaises qui comptent 20 millions d’adhérents. Je voudrais également mentionner un spécialiste renommé en religions, professeur émérite en sociologie à l’Université d’Oxford, en Angleterre : Bryan Ronald Wilson. Il a rédigé une étude détaillée de la Scientologie, que je recommande vivement à quiconque voudrait en savoir davantage sur la Scientologie du point de vue d’un expert occidental.