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La course contre les instincts sauvages de l’homme

 

Depuis 50 000 ans, l’homme a dû faire face à sa propre énigme et à celle de ses semblables. Victime de ses instincts brutaux et de ses pulsions, il a été amené à ériger les prisons, à établir les codes juridiques et des systèmes sociaux complexes afin de s’en protéger. L’homme se défiait de l’homme tant le comportement humain à travers les âges inspirait peu la confiance ou la foi : les guerres, les meurtres, les incendies criminels, la trahison et la perfidie, le cynisme et la destruction ont entravé ses progrès, à tel point que l’histoire elle-même se résume à une longue suite de batailles, de meurtres et d’effusions de sang.
Qu’apprend-on à un enfant à qui on enseigne l’histoire ? On lui apprend comment telle ville a massacré telle autre, comment tel roi a été tué par telle femme, comment telle guerre a changé les frontières ici et là. Quel étrange tableau pour un être civilisé. Même les primates ne s’adonnent pas à ce genre de choses.
Face à cet aspect de lui-même et de ses semblables, l’homme a longtemps cherché une réponse à l’énigme qu’était son propre comportement, ainsi que les moyens d’y remédier. Bien avant le philosophe grec Diogène, l’homme était en quête de réponses à ses questions. A Babylone, en Chaldée, en Inde, et même dans les temps primitifs, les hommes qui pouvaient penser se sont préoccupés du comportement antisocial et irrationnel de leurs semblables.
Cette quête a connu une accélération le siècle dernier, grâce à deux éléments : le premier dû au dynamisme et à la curiosité de Sigmund Freud, le second aux mathématiques de James Clerk Maxwell et à ses études de l’énergie dans l’univers physique. Ces deux éléments sont apparus presque simultanément.

Freud travailla sans la connaissance de l’univers physique, connaissance qui n’a été acquise qu’au cours des années qui suivirent ses premières recherches. Freud n’était pas physicien. Et s’il fallait le qualifier, nous dirions que c’était un mystique.

Selon Freud, l’homme avait caché au fond de lui-même les instincts brutaux qui le dominaient parfois jusqu’à lui dicter son comportement. Freud pensait que le problème de l’homme émanait de ces instincts et de la lutte qu’il devait mener pour les refouler. Souvenez-vous bien de cette théorie. Elle fut proposée sans avoir observé de preuves ou de phénomènes qui auraient pu la démontrer. Elle a été proposée comme une conjecture, peut-être, mais elle a le mérite d’avoir été proposée. Freud n’a jamais résolu ou mesuré un de ces instincts. Il a dit qu’ils étaient là. C’est tout ce qu’il a dit. Cette théorie fut ajoutée aux connaissances générales déjà accumulées sur l’esprit humain.
Supposez que je vous dise que les instincts primaires et sauvages de l’homme, ceux qui le poussent à tuer, à assassiner et à faire la guerre peuvent être résolus définitivement, mesurés, éprouvés avec une précision et une clarté encore jamais atteintes dans ce domaine. Cela serait une bonne science, n’est-ce pas ?
Il existe des techniques très adaptées pour venir à bout de ces instincts primaires et sauvages, car c’est ce qu’ils sont.
Vivant parmi les bêtes sauvages de la jungle et menacé de tous côtés par la mort et la terreur, l’homme primitif ne pouvait qu’apprendre à réagir brutalement. Il était peut-être bon avant de se mesurer à l’univers physique, mais une fois la lutte engagée, il la mena avec acharnement, et le meurtre et la guerre devinrent choses courantes. Il devait tuer pour vivre et il continua à tuer.
Aujourd’hui, il dispose d’une civilisation organisée et qui devrait suivre son cours, où chacun devrait se sentir libre et heureux. Les lois ne devraient pas être nécessaires et les prisons devraient être vides. Il ne devrait pas y avoir de folie et nous devrions tous manger à notre faim. Ceci signifierait que l’homme maîtrise et son environnement et lui-même. Mais nous n’en sommes pas là.
Quel est l’obstacle ? Ces instincts brutaux et sauvages ? quelque chose que l’homme aurait contracté lorsqu’il se balançait de branche en branche ou lorsqu’il se cachait au fond des grottes, ou peut-être même avant. Tuer, s’acharner, ces instincts, l’homme les a peut-être apportés avec lui jusque dans le monde civilisé actuel, à tel point qu’un homme consent à s’entraîner à se servir d’un fusil et à tuer un de ses semblables au nom d’une cause ou d’une autre.
L’homme n’a pas réussi à se libérer de cet héritage. Nous l’avons découvert. Il recherche frénétiquement aujourd’hui une méthode à laquelle s’accrocher, qui refrénerait la brutalité de ses semblables et aussi la sienne. Il se tourne vers les institutions politiques – les responsables locaux, départementaux, régionaux, les gouvernements nationaux et même les institutions internationales – pour réfréner la brutalité de ses concitoyens et peut-être même la sienne.
Il est peut-être motivé dans toute cette brutalité par les crimes qui jonchent le passé et qui demeurent, d’une certaine façon, des instincts congénitaux.
Freud a dit que les instincts brutaux existent. Il a dit que l’homme devait les combattre et les refouler, que ce conflit était la cause de maladies humaines et sociales. Eh bien, quels sont ces instincts ? Où sont-ils ? Dans quelle mesure sont-ils brutaux ? Comment peut-on s’en libérer ? Car logiquement, si quelque chose existe, quelque chose peut être entrepris à son sujet.
D’autre part, comment l’homme réagirait s’il se débarrassait de ces instincts ? Est-ce que toutes ses ambitions, sa liberté, ses forces, son imagination disparaîtraient ? Ou s’amélioreraient-elles ? aurait-il plus d’imagination et plus de liberté, plus de pouvoir, de force et une meilleure santé si ces instincts disparaissaient ? On doit aussi donner une réponse à cette question.
C’est très bien d’avoir un grand nombre de théories. Les théories sont des choses magnifiques. Tant que vous n’avez pas de phénomènes observés, vous pouvez élaborer toutes les théories du monde. C’est une règle en ingénierie. Vous élaborez une théorie, ensuite vous essayez de l’appliquer, et si elle n’est pas applicable à l’univers physique, vous l’abandonnez et en élaborez une nouvelle.
Malheureusement, le domaine du mental a accumulé une quantité incroyable de théories sans pour autant que les phénomènes les confirment ou les infirment. Si nous avons une théorie sur cet instinct brutal, nous avons tout intérêt à vérifier si la théorie est bonne ou pas, si elle peut être démontrée ou pas, si les phénomènes la corroborent ou pas.
Tant que vous ne pouvez pas vous appuyer sur des phénomènes, tant que vous ne pouvez pas peser et mesurer ces choses, et ceci de façon précise, elles restent du domaine de l’aléatoire. Qui possède l’autorité suffisante pour dire si une théorie est fondée ? Personne ne possède l’autorité suffisante pour dire si une théorie est fondée.
Si, après avoir supprimé cet instinct, on découvrait que l’homme est bon et libre, et s’il pouvait aller au fond de lui-même et supprimer cet instinct de tuer, d’être brutal et sauvage, vous pourriez alors résoudre le problème.
Les mots comme instincts sont d’une grande imprécision. Pouvez-vous mesurer un instinct avec des amères et des watts ? Pouvez-vous en sentir et en voir un ? Oui, vous le pouvez. Nous pouvons aujourd’hui les mesurer en ampères et en watts, les regarder, les classer, vous rendre compte de leur longueur, largeur et épaisseur. Pouvons-nous les effacer de l’esprit ? Oui, comme on brûlerait un morceau de tissu.
L’homme est-il en meilleur santé et meilleur sans eux ? Peut-il mieux faire face à l’univers ? Peut-il mieux agir ? Peut-il mieux se maîtriser ? Est-il plus sociable ? Plus heureux ? Plus libre ? A-t-il plus d’individualité ? Car vous perdriez au change s’il n’était pas tout cela. Vous n’avez pas envie d’esclaves qui auraient subi une lobotomie préfrontale. Pas sur l’homme. Vous aspirez à ce que l’homme soit aussi libre qu’il vous est possible de le rendre.
Heureusement, et il n’y a personne à remercier pour cela, lorsque vous supprimez ces instincts, l’homme est plus libre, il devient sociable, peut faire face à son environnement et ne souhaite plus voler, tuer, incendier ou faire la guerre. Heureusement.

L’homme est fondamentalement bon, mais entre lui et cette bonté s’interpose un passé sauvage et tortueux. Il a hérité de siècles d’existence, de siècles de sauvagerie, et des instincts qu’il a dû endosser en tant que primitif et sauvage. Il les a encore, ils sont là et ils sont complètement enregistrés.

C’est étonnant, mais son instinct de base est de protéger et d’aider ses semblables. Ce n’est pas un solitaire, du genre « chacun pour soi ». Et pourtant il a ces instincts, ils sont un obstacle pour lui et le font agir en égoïste. Il n’existe aucun homme qui n’ait essayé très, très fort d’aider son prochain. Pas un seul. Et il n’y en a pas un seul qui n’ait reçu une gifle pour l’avoir fait.
C’est étrange. Nous avons là une créature qui veut aider, qui veut se sentir proche de ses semblables, qui veut être aimée, qui veut se sentir en sécurité et qui est en même temps aventureuse, qui veut avoir une civilisation unie. Elle est déchirée personnellement et dans les groupes qu’elle forme. Tout ce qu’elle fait pour s’en sortir, en fait, consiste à se plaindre, à tempêter et à faire la guerre.

Supprimez la pulsion sauvage et antisociale de l’homme, n’importe quel homme, femme ou enfant, et il sera plus libre d’agir, car alors il peut agir. Vous supprimez ces instincts, vous pouvez les trouver, et l’intelligence d’un homme va parfois doubler.
Il s’interdit de penser aussi clairement qu’il le pourrait, car il a peur de ce à quoi il pourrait penser. Il y a là quelque chose auquel il ne devrait pas penser et il limite ainsi sa propre capacité de penser.
Nous avons trouvé les instincts et le couvercle de l’inconscience (le subconscient, ou n’importe quel autre nom que vous voulez lui donner) et le contenu de ce subconscient. C’est intéressant, mais c’est encore plus intéressant de noter que lorsqu’on supprime la force et le pouvoir d’un ego brutal, la nature de l’individu change à tel point qu’il réussit beaucoup mieux qu’avant. Il reste la même personne qu’il était, mais c’est celle qui n’est plus réprimée, opprimées, malchanceuse, malheureuse. On peut aussi lui faire confiance. Vous pourriez rencontrer cet individu, lui donner une bombe atomique et lui dire : « Voilà. » Il répondrait : « Mon dieu, quelqu’un pourrait bien créer des ennuis avec cela. Je ferais bien de m’assurer que cette chose n’aille pas traîner quelque part. »
Peut-être maintenant est-il possible, dans un monde survolté, de faire quelque chose au sujet des criminels, des fous, de la guerre, de la haine antisociale de l’homme pour l’homme. Mais il s’agit aussi d’une course, en quelque sorte. C’est une course contre quelque chose que mes petits camarades d’école ont inventé, quelque chose appelé la bombe atomique.
Nous aurions dû avoir une méthode pour rendre l’homme raisonnable avant la fission nucléaire. Les deux sont apparus simultanément. D’où cette course vitale. Personne ne sait qui va gagner. Pouvons-nous faire quelque chose pour le sauvage déguisé en homme civilisé, avant qu’il ne transforme ce monde en ruines et ne détruise l’humanité ? C’est l’avenir qui nous le dira. Je ne peux pas faire mieux que ce que j’ai fait ; et je ne peux faire mieux que de publier et mettre à la portée de chacun ce qui a été fait.
Chaque centre que nous avons et toute la connaissance que nous avons acquise sont à votre disposition. Ils sont à votre disposition pour apporter votre soutien aux personnes handicapées, malades et infirmes qui vous entourent, pour vous aider à vous améliorer, pour que la criminalité soit une chose du passé et pour que la guerre soit bannie à tout jamais. Mais cela dépend de vous.

Ron Hubbard