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Etre sur la même longueur d’onde…

 

La vie se compose de trois éléments : l’affinité, la réalité et la communication. Ces éléments forment un triangle : A-R-C. Ils sont tellement interdépendants qu’il suffit de bloquer l’un d’entre pour empêcher les deux autres de s’exprimer.

Examinons les éléments qui forment ce triangle.

Sur le premier sommet, on trouve l’affinité. Superficiellement, on pourrait dire qu’il s’agit de l’amour, mais ce serait trop limitatif. L’affinité est la coexistence harmonieuse de deux choses, ou de deux composants de la même énergie.

Quand on frappe un diapason, il vibre sur une fréquence qui lui est propre. Si un autre diapason de même fréquence se trouve à proximité, il va commencer à vibrer, lui aussi. Vous pouvez arrêter le premier et vous constaterez que le second continue à tinter. Ils sont « sur la même longueur d’onde » ; par conséquent vous pourriez dire que leurs vibrations sont en harmonie.

Prenons deux hommes qui se parlent : ou bien ils sont en affinité, ou bien ils ne le sont pas. S’ils ne le sont pas, ils vont finir par se disputer. S’ils sont en affinité l’un avec l’autre, deux autres éléments doivent être présents : il faut qu’ils se soient mis d’accord sur une réalité et il faut qu’ils soient capables de se communiquer cette réalité.

Cela nous amène donc à parler du deuxième sommet du triangle : la réalité. Lorsqu’on parle de réalité, de la réalité de l’univers matériel, on aborde une chose très intéressante. L’univers matériel n’existe pas en tant que tel ; ce qui existe est un mouvement. Mais nous percevons quelque chose par nos yeux, nous entendons quelque chose par nos oreilles, nous sentons quelque chose avec nos mains, et nous décidons alors qu’il y a là quelque chose. Nous ne connaissons cette chose qu’à travers nos sens, et ces sens sont des canaux artificiels. Nous ne sommes pas en contact direct avec l’univers matériel. Nous sommes en contact avec lui par l’intermédiaire de nos canaux sensoriels.

Ces canaux sensoriels peuvent être émoussés. Par exemple, pour un homme qui perd la vue, il n’y a ni lumière, ni forme, ni couleur, ni perception des distances de l’univers physique. Celui-ci est toujours une réalité pour lui mais ce n’est pas la même réalité que celle d’une autre personne. En d’autres mots, sans la vue, il est incapable de concevoir un univers matériel en entier. Privé de ses sens, il est impossible à un homme de concevoir ces choses. C’est donc au travers des sens que l’univers matériel est perçu.

Vous et moi pouvons regarder une table et être d’accord sur le fait que ce soit une table. Elle est en bois et de couleur marron. Nous sommes d’accord là-dessus. Vous comprenez, bien sûr, que lorsque je dis « marron » et que vous entendez « marron », elle peut en fait vous apparaître violette, mais vous êtes tombés d’accord avec le fait qu’elle soit marron, parce que durant toute votre vie, les gens montraient cette vibration de couleur en disant « marron ». Je pourrais tout aussi bien la voir rouge, mais je l’identifie comme étant marron. Nous sommes donc d’accord, bien que nous soyons peut-être en train de voir des choses différentes. Nous sommes d’accord sur le fait qu’il s’agit d’une table, qu’elle est marron, qu’elle est en bois. Maintenant, un type entre dans la pièce et regarde cette chose et dit : « Oh ! Un éléphant ! »

Vous lui dites : « C’est une table, voyez-vous. Les éléphants sont… » « Non, c’est un éléphant. »

Nous disons alors que ce type est fou. Il n’est pas d’accord avec nous. Allons-nous essayer de communiquer davantage avec lui ? Non. Il n’est pas d’accord avec nous. Il ne s’est pas mis d’accord sur cette réalité. Sommes-nous en affinité avec lui ? Non. Nous disons : « Ce type est fou » Nous ne l’aimons pas. Nous ne voulons pas être dans son entourage.

Supposons maintenant que nous soyons, vous et moi, en train de nous disputer. Vous dites : « Cette table est en bois. » Et je réponds : « Non, c’est faux. Elle est en métal et a été peinte de façon à imiter le bois. » Nous commençons à discuter là-dessus ; nous essayons d’aboutir à un point d’accord et nous n’y parvenons pas. Une autre personne arrive, regarde cette table, et dit : « a vrai dire, les pieds sont peints en imitation bois, et elle est brune, et c’est une table. » Vous et moi arrivons alors à un accord. Nous ressentons de l’affinité. Nous sommes tout d’un coup en bons termes, et nous lui sommes reconnaissants. On a résolu le problème. Nous sommes arrivés à un accord et nous entrons en communication.

Le sommet le plus important du triangle d’ARC est la communication. Comment les gens entrent-ils en communication ?

Pour qu’il y ait communication, affinité et accord doivent être présents. Pour qu’il y ait affinité, il doit y avoir accord sur la réalité et la communication. Pour qu’il y ait réalité et accord, il doit y avoir affinité et communication – un, deux, trois. Si vous retirez l’affinité, la communication et la réalité vont disparaître. Si vous retirez la réalité, la communication et l’affinité n’existeront plus. Si vous enlevez la communication, il ne restera plus rien.

Il y a différentes façons de bloquer une communication. On peut la couper ; on peut la rendre si pénible que la personne qui la reçoit préférera la couper elle-même ; on peut aussi la surcharger à tel point qu’elle finira par se bloquer. Ce sont trois choses très importantes à savoir à propos de la communication. D’autre part, cette communication doit être une bonne communication : les données nécessaires doivent être envoyées dans la bonne direction et reçues.

Et, soit dit en passant, cette communication aura toujours pour objet la réalité et l’affinité au sujet de l’univers matériel. Les discussions porteront sur le fait qu’il y ait ou non accord, et auront lieu lorsque l’accord sera particulièrement remis en question au sujet de l’univers matériel.

Il y a de nombreuses façons d’élever l’affinité. Vous pouvez parler à des gens et augmenter ainsi votre affinité pour eux. Mais rappelez-vous qu’il s’agit de communiquer, pas seulement de parler. Il y a de très, très nombreuses façons de communiquer. Deux personnes peuvent s’asseoir et se regarder et être en communication. Le toucher est une autre façon d’entrer en communication. Par exemple, vous caressez un chat, et, d’un seul coup, le chat se met à ronronner : vous êtes en communication avec le chat.

Si vous tendez la main à une personne et qu’elle vous la serre, vous êtes en communication avec elle, car un échange s’est instauré de façon tactile. Les adeptes de « la vieille école », s’accrochant à leur vision de l’homme féroce, disant que « en fait tout le monde déteste tout le monde, et que tout le monde est sur la défensive, et que c’est pour cette raison que nous devons tous les obliger à devenir des animaux apprivoisés » disent aussi que la raison pour laquelle les hommes se serrent la main, c’est pour montrer qu’ils ne sont pas armés.

Non, c’est une communication. En France, en Italie et en Espagne, par exemple, les gens se donnent l’accolade ; il y a beaucoup de contacts, et ces contacts sont de la communication.

Si vous avez affaire à quelqu’un qui est vraiment dans un état de non communication et que vous lui tapotez l’épaule, il va sursauter légèrement (il considère que tout est douloureux). Même s’il ne s’éloigne pas, vous vous rendez compte qu’il est également fermé à une communication orale. Essayez de lui dire quelque chose : « Vous savez, je pense que ce projet 342A est un très bon projet, et je pense que nous devons le suivre. » Il va rester là à vous regarder en hochant la tête affirmativement, et ensuite il va retourner au travail et faire le projet 36.

Vous lui dites : « Le projet 36 vient juste d’être annulé. Il ne menait nulle part », mais c’est à peine s’il se rend compte que c’est à lui que vous parlez. Il se dérobe à tout ce que vous pouvez lui dire. Il se peut aussi qu’il vous parle tellement fort et tellement longtemps que vous n’aurez pas la moindre chance de pouvoir lui dire que vous voulez réaliser le projet 342A. C’est également une façon de se dérober. En d’autres mots, il n’est pas en communication avec vous. Par conséquent, son affinité est faible, et il ne sera pas d’accord avec vous non plus. Mais si vous réussissez à l’amener jusqu’à un point d’accord, la communication va se rétablir et l’affinité va remonter.

Il s’agit certainement de la donnée la plus importante que j’ai eu la chance de découvrir dans le domaine des relations humaines.

Vous pouvez prendre n’importe quel groupe d’hommes travaillant sur un projet, observer ces hommes et leur contremaître, et dire si ces gens sont ou ne sont pas en communication. S’ils ne le sont pas, ils ne font pas leur travail comme une véritable équipe le ferait. Peut-être ne sont-ils pas en communication parce qu’ils ne se sont pas mis d’accord sur ce qu’ils sont en train de faire.

Il vous suffirait de prendre le groupe, de rassembler ces gens, et de leur dire : « Qu’êtes-vous en train de faire, les gars ? »

Un des hommes répondrait : « Moi, je suis en train de gagner mille cinq cent francs par semaine. Voilà ce que je fais. » Un autre dirait : « Et bien, moi je suis content de quitter la maison tous les jours. La vieille est tellement fatigante. » Un autre dirait : « Il m’arrive, en fait, de conduire le camion de temps en temps, et conduire le camion c’est quelque chose que j’aime bien faire. Je conduis le camion, et puis, il faut bien travailler. » Un autre homme pourrait dire, s’il était honnête : « je reste dans ce boulot parce que je déteste cet espèce de chien qui tient lieu de contremaître. Si je peux consacrer ma vie à le rendre malheureux, ce chien, eh bien, ça fait mon bonheur. Alors je lui fais vraiment mener une vie de chien, à lui aussi. »

Et vous, vous aviez toujours cru que ces hommes étaient en train de niveler le terrain pour y construire une route. Pas un seul d’entre eux ne pensait cela. Vous pensiez qu’ils construisaient une route. Il n’y an avait pas un seul qui construisait une route ; pas un seul qui était en train de niveler le terrain.

Cette équipe est probablement inefficace et malheureuse, mais vous les rassemblez et vous leur dites : « Bon, vous savez, un jour il y aura beaucoup de voitures qui passeront sur cette route. Peut-être y en aura-t-il qui auront des accident de temps en temps, etc., mais il y en aura beaucoup qui passeront sur cette route. Vous êtes en train de construire une route, les gars. C’est un travail plutôt dur, mais il faut bien que quelqu’un s’en charge. Beaucoup de gens vous remercieront d’avoir construit cette route. Je sais que vous vous en fichez, mais c’est ce que nous faisons ici en réalité. À présent, j’aimerais avoir quelques suggestions de votre part, pour voir comment nous pourrions améliorer un peu la construction de cette route. » Et tout d’un coup, toute l’équipe est en train de construire une route. L’affinité, la réalité et la communication s’élèvent d’un seul trait.

La raison pour laquelle cela fonctionne, c’est que chaque point du triangle d’ARC dépend des deux autres, et qu’il en est de même pour chaque point. On ne peut en supprimer un sans supprimer les deux autres et on ne peut en rehausser un sans qu’il en soit de même pour les deux autres. C’est aussi pour ces raisons que vous pouvez rehausser n’importe lequel de ces points en rehaussant l’un ou l’autre pont restant.

L. Ron Hubbard
Extrait du livre Une nouvelle optique sur la vie.