Des scientologues victimes de discrimination en France
N’oublions pas :
« Toute personne qui a du pouvoir est portée à en abuser » Montesquieu
Implantée en France en 1959, la Scientologie a vu rapidement croître le nombre de ses membres. Elle dispose d’Eglises et de missions dans les principales villes françaises. La Scientologie est une philosophie religieuse qui apporte des réponses pratiques et qui permet à chacun de mieux gérer sa vie et de progresser vers son salut.
Au fil des années, on a vu se mettre en place, puis s’organiser, une opposition farouche au développement de nouveaux groupes spirituels, qu’ils viennent d’Orient ou d’Occident.
Des campagnes se sont organisées dans plusieurs pays d’Europe mais elles n’ont pas reçu de soutien officiel et elles ont beaucoup régressé, pour disparaître totalement dans la plupart des pays. Tel n’est pas le cas de la France où la lutte contre les nouvelles religions va du financement exorbitant attribué aux associations dites « anti-sectes » au coûteux fonctionnement d’une Mission interministérielle…
Ainsi la population est maintenue dans l’ignorance et, en ce qui concerne la Scientologie, une image uniquement négative est véhiculée dans les media alors qu’elle est reconnue officiellement dans de plus en plus de pays : dans le monde et en Europe.
Ces campagnes contre la Scientologie ne sont pas sans conséquence pour les scientologues touchés non seulement dans leur vie personnelle, familiale ou professionnelle, mais aussi dans leurs activités culturelles ou humanitaires.
Parmi une centaine de cas, nous avons rassemblé ci-après quelques témoignages. Nous espérons qu’ils vous éclaireront sur les conséquences de l’intolérance véhiculée par quelques militants du statu quo.
Dossier 1 : Un enfant de 2 ans refusé dans une crèche parentale
Renauld, 2 ans, fils de Valérie et Daniel a vu sa candidature refusée dans une crèche parentale, par une décision unanime des autres parents, quand ceux-ci ont appris que ses parents étaient scientologues.
Dossier 2 : Claire, 9 ans, refusée chez les scouts
Eclaireurs et Eclaireuses de France
Jacques Lubzinski, responsable du “groupe Lionel Terray” des scouts Eclaireurs et Eclaireuses de France à Ivry sur Seine a expliqué qu’il refusait l’inscription de Claire parce qu’il avait appris que ses parents étaient scientologues. Cette seule raison justifiait son refus, il a ajouté qu’il avait l’accord de la hiérarchie des Eclaireurs et Eclaireuses de France pour prendre cette décision.
Dossier 3 : Le musée du célèbre sculteur Lipsi privé de subventions
Monsieur Masurel, Préfet de Haute-Saône a déclaré à Hans Jacob Beck, propriétaire du musée Lipsi, et à sa femme Gabrielle, fille cadette de Morice Lipsi, grand sculpteur juif polonais qui, fuyant le national socialisme, avait trouvé refuge en France : « On a découvert que vous êtes membre de la Scientologie. […] Il est exclu de verser des deniers publics dans ce cas. »
Dossier 4 : Une société d’informatique, leader européen, perd 50 % de son CA
Panda Software International est spécialisée dans le domaine de la sécurité informatique. Le groupe implanté dans plus de 35 pays est le 4ème éditeur mondial d’antivirus et tient la position de leader européen.
Fin avril 2001, un lynchage médiatique a démarré en chaîne au travers de la presse écrite et de la télévision. Des allégations diffamantes au sujet du produit et de la compagnie ont été propagées. L’Express titrait : « Un logiciel scientologue Place Beauvau. L’antivirus informatique Panda, acheté par le ministère de l’Intérieur, est fabriqué par une société appartenant à un généreux membre de la secte ». Le quotidien Libération titrait « Antivirus sectaire à l’Intérieur ». Une quinzaine d’articles discréditant la société Panda ont été publiés dans les média.
La conséquence directe de ces événements pour l’entreprise Panda, dont l’un des dirigeants était scientologue à titre privé, a été une perte de 50% de son CA en quelques jours, ce qui représente environ 900 000 euros. Une procédure de licenciement a été engagée pour une partie de son personnel afin de faire face à cette situation.
Dossier 5 : Une institutrice irréprochable mutée à cause de ses croyances
Martine Rhein a été informée par le directeur de l’école Lecomte, Paris 17ème, où elle enseignait, que des parents d’élèves l’avaient dénoncée comme scientologue. Il insiste par ailleurs pour dire qu’elle est irréprochable professionnellement et qu’elle à de bonnes relations avec les enfants et les adultes.
Ultérieurement une campagne de mise à l’écart sera mise en place contre elle dans l’école. Un enseignant délégué du syndicat SNUIPP lui déclare d’ailleurs qu’étant donné que la Scientologie est « reconnue comme une secte par l’Assemblée nationale », il la met en garde et dit qu’elle sera surveillée… Une campagne de presse sera également organisée pour dénoncer la présence de cette institutrice scientologue.
Martine rencontra ultérieurement l’Inspecteur d’Académie qui lui signifia que son poste dans cette école lui était retiré. Il insiste en disant que si elle n’acceptait pas son ordre de mutation, cela sera sanctionné comme abandon de poste. Elle est donc dans l’obligation de signer cet ordre.
Dossier 6 : Affaire Maryvonne / Ville de Levallois
Maryvonne est bibliothécaire depuis 20 ans, elle a exercé cette profession dans différentes bibliothèques municipales. Elle a été embauchée par la ville de Levallois Perret pour y tenir le poste de direction des bibliothèques. Mr Gratzer, maire adjoint chargé du personnel, a signifié à Maryvonne qu’il était en possession d’un dossier sur elle attestant de son appartenance à l’Eglise de Scientologie et que de ce fait elle serait muté à un poste subalterne. Lors d’autres entretiens Mr Gratzer a déclaré clairement à plusieurs reprises que pour lui et la Mairie de Levallois, la solution souhaitée, serait le départ volontaire de Mme (Maryvonne).
Un enfant de 2 ans exclu d’une crèche parentale
du fait des convictions de ses parents
Valérie et Daniel
Nous avons deux fils, William (né le 20/08/97) et Renaud (né le 23/09/99).
En février 2001, nous avons demandé l’inscription de notre plus jeune fils, de 2 ans, dans une crèche parentale (Les Pieds Tendres, 10-12 rue Abel Leblanc, 75012 Paris) dans laquelle nous avions mis notre aîné il y a un an. Nous avions de bonnes relations avec tous les autres parents. Du fait que les parents déjà membres de la crèche sont prioritaires, et que la responsable des jeunes enfants avait donné une approbation verbale après avoir rencontré notre fils, nous nous attendions à l’inscription de Renaud.
A la mi-mai 2001, la présidente de la crèche a appelé ma femme afin de prendre rendez-vous dans un café, avec Valérie, mère d’un autre enfant. C’est à cette occasion que la présidente de l’association a dit à ma femme que la candidature de Renaud était rejetée du fait que nous sommes de religion scientologue (en fait nous n’avions pas parlé de notre religion à la crèche, mais une mère de famille l’avait appris indirectement).
Eclaireurs et Eclaireuses de France
Ayant participé, pendant un week-end à Ivry-sur-Seine, à une sortie avec des scouts Eclaireurs et Eclaireuses de France, Claire, 9 ans, était enchantée par l’expérience. Elle a alors demandé à ses parents de l’inscrire dans cette association de scouts pour pouvoir faire des sorties le week-end avec ses nouveaux amis.
Ses parents ont contacté l’association des scouts Eclaireurs et Eclaireuses de France pour l’inscription. L’association a fourni la liste des formalités à remplir et des quelques achats à effectuer pour rejoindre les enfants le week-end suivant.
Des achats ont été effectués : vêtements chauds, etc … et le formulaire d’inscription a été renvoyé au bureau des Eclaireurs et Eclaireuses de France à Ivry-sur-Seine.
C’est donc avec surprise que les parents de Claire ont reçu un appel de monsieur Jacques Lubzinski, responsable des scouts Eclaireurs et Eclaireuses de France à Ivry-sur-Seine, chez eux le matin même de la sortie pour laquelle Claire était inscrite.
Monsieur Jacques Lubzinski leur a déclaré que l’inscription de Claire était refusée et qu’il était inutile qu’elle rejoigne le groupe ce matin là, et cela définitivement.
Il a expliqué sa décision en disant qu’il avait appris incidemment que les parents de Claire étaient scientologues, et que cela justifiait le refus. Il a ajouté qu’il avait l’accord de la hiérarchie des Eclaireurs et Eclaireuses de France pour prendre cette décision.
Quand les « chasseurs de sectes » s’en prennent à un musée !
A Rosey, petite commune de Haute-Saône, le musée Lipsi, inauguré en 1990 sous le patronage du Ministre Jack Lang, attire plusieurs milliers de visiteurs par an. Une association loi de 1901, dirigée par Hans Jacob Beck et sa femme Gabrielle, fille cadette du sculpteur, gère cette fondation qui abrite une importante collection des œuvres de ce sculpteur de renommée internationale (1), décédé en 1986.
Grâce aux partenariats établis avec des institutions internationales, le village est devenu un centre d’activités culturelles très appréciées. Une aubaine dont se réjouissaient sans réserve les autorités locales. « Je dirais que par la personnalité de Morice Lipsi et de par sa valeur artistique, le musée s’intègre parfaitement dans le contexte européen où la culture est appelée à jouer un rôle de protagoniste dans le rapprochement des hommes et des idées. », déclarait le Sénateur Bernard Joly dans son discours d’inauguration. Carmen Friquet, Conseillère Générale du canton, s’enthousiasme pour le projet et lance un appel aux élus de la région : « Je souhaiterais que tous ensemble nous gagnions ce pari qui consiste à amener la culture, et qui plus est la culture de qualité, au coeur de nos campagnes ».
Cet enthousiasme des élus locaux laissait présager un bel avenir pour le musée en l’honneur de Morice Lipsi dans la région. C’était sans compter avec cette spécificité bien française : les Renseignements généraux et la « chasse aux sorcières », qui ne sont pas sans rappeler les heures sombres du maccarthysme qui toucha de nombreux artistes.
Depuis 1998 la MILS (Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes) a installé dans les départements des « Cellules de Vigilance » chargées de traquer les membres des minorités religieuses inscrites sur la liste de 172 « sectes » publiée par l’Assemblée nationale. Le travail de ces Cellules permet d’identifier les membres de minorités religieuses et de les « signaler » aux administrations locales : Préfecture, Conseil général, gendarmerie, mairie, etc …. La MILS, dissoute en 2002, s’est vue remplacée depuis par la MIVILUDES (Mission Interministérielle de Lutte contre les Dérives Sectaires) qui perpétue le travail des Cellules dans les départements.
Hans Jacob Beck, gérant du Musée Lipsi, et sa femme Gabrielle, pianiste, fille cadette de Morice Lipsi, pratiquent à titre privé la religion de Scientologie depuis presque 30 ans.
A l’automne 2003, ayant pris connaissance des croyances religieuses des responsables du Musée Lipsi, les Renseignements Généraux écrivent une note administrative interne. Cette note a alors atterri sur le bureau du nouveau préfet de la Haute-Saône. Le Conseil Général a également été alerté début 2004.
Depuis, les portes se ferment, les élus se dérobent, les subventions sont refusées ou annulées. Des partenariats avec la Maison de l’Economie et du Tourisme 70 (institution liée au Conseil Général) sont annulés précipitamment. Des projets piétinent. Des amitiés se refroidissent.
Souhaitant débloquer cette affaire Gabrielle et Hans Jacob Beck ont obtenu le 11 juin 2004 un rendez-vous auprès de monsieur Masurel, Préfet de Haute-Saône. En tant que représentant d’un grand sculpteur juif polonais qui, fuyant le national socialisme, trouva refuge en Charente, Hans Jacob Beck fut surpris de la réponse du représentant de l’Etat français : « La réticence des pouvoirs publics est liée au fait qu’on a découvert que vous êtes membre de la Scientologie. La position du gouvernement explique ce genre de réticence. Vous, monsieur, vous annoncez votre appartenance sur Internet. Je l’ai eu sur mon bureau en décembre 2003. Votre page Internet est le seul élément dans l’affaire. Elle manifeste votre politique de soutien [il s’agit d’une page personnelle de Hans Jacob Beck sur Internet]. Il est exclu de verser des deniers publics dans ce cas. En France tout ce qui est secte doit être combattu. On doit les combattre du fait de mauvaises expériences. Si vous allez voir les Renseignements Généraux, ils vous diront la même chose ».
Yves Krattinger, président du Conseil Général, également rencontré, confirmera que ce sont les croyances des dirigeants du Musée qui sont mises en cause et justifient la mise à l’écart du Musée Lipsi : « Je n’ai pas d’éléments contre le musée, on ne met pas en doute la qualité de la collection LIPSI. La France est le seul état vraiment laïque, avec des petites exceptions - vous dites vous-même que vous êtes scientologue - je n’ai rien dit à personne - nos concitoyens s’inquiètent. On m’a dit faites attention à ce que vous ferez, il y a l’institution, on m’a dissuadé de visiter le musée, c’est une attitude de prudence. […] Je ne déconseille pas aux gens de visiter. Je me réfugie dans le silence. »
Question de Gabrielle et Hans Jacob Beck : « Qu’est-ce qui va arriver maintenant ? »
Réponse de Yves Krattinger : « Rien, on ne fera rien contre vous, mais vous n’aurez pas de subvention. Que comptez-vous faire maintenant ? »
Lors de chacune de ces rencontres, aucun reproche ne sera jamais fait sur la qualité et la contribution artistique du musée dans la région.
C’est ainsi que la France pourrait perdre la collection d’un sculpteur, qui en d’autres temps, avait choisi la France comme terre d’asile.
(1) L’œuvre de Morice Lipsi
Morice Lipsi, né en Pologne en 1898, s’installe à Paris Montparnasse à La Ruche en 1912 à côté de Zadkine, Soutine, Chagall, Lipchitz, Modigliani, etc. et travaille à l’école des Beaux Arts en 1916. Dès sa première exposition à la galerie Hébrard en 1922, et à la galerie d’art contemporain en 1927, il connaît le succès. En 1941, Lipsi doit fuir le national-socialisme à Paris et trouve refuge en Charente, puis en Provence et finalement à Genève.
Dès la signature de l’armistice, il rejoint son atelier parisien. Ses sculptures deviennent de plus en plus abstraites. Il obtient des contrats pour des sculptures monumentales, entre autres pour les jeux olympiques de Tokyo en 1964 et de Grenoble en 1967. Ses œuvres sont présentes dans de nombreuses expositions et salons. La Fondation nationale des arts graphiques et plastiques lui consacre une rétrospective en 1985. Après son décès en 1986 un musée à Rosey (Haute Saône) fut dédié à son oeuvre. Il réunit le patrimoine très complet laissé par l’artiste.
Victime de la chasse au sorcière
Panda Software International est spécialisée dans le domaine de la sécurité informatique. Le groupe implanté dans plus de 35 pays est le 4ème éditeur mondial d’antivirus et tient la position de leader européen.
Grâce à sa technologie de pointe, Panda a obtenu les principales certifications internationales du secteur ( ICSA , CHECKMARK et Virus Bulletin). En France, la société compte notamment parmi ses clients des sociétés de renom telles que NAF-NAF, le groupe JC DECAUX, des enseignes de la grande distribution ainsi que des institutions gouvernementales comme le Ministère de l’Intérieur, les académies de l’Education Nationale.
La fondation Bill & Melinda Gates a demandé à Panda d’assurer la protection antivirus de son réseau.
Fin avril 2001, un lynchage médiatique démarre en chaîne au travers de la presse écrite et de la télévision. A l’initiative d’un journaliste indépendant du magazine l’Express, des allégations diffamantes au sujet du produit et de la compagnie ont été propagées. L’Express du 12 avril titrait : « Un logiciel scientologue Place Beauvau. L’antivirus informatique Panda, acheté par le ministère de l’Intérieur, est fabriqué par une société appartenant à un généreux membre de la secte », le quotidien Libération titrait « Antivirus sectaire à l’Intérieur » (annexe 1). Une quinzaine d’articles discréditant la société Panda ont été publiés dans les média. On pouvait y lire des propos tels que : « Est-on bien certain que les mises à jour régulières du logiciel par Panda ne permettent pas de pénétrer dans les bases de données ultraconfidentielles du ministère [de l’Intérieur] ». Deux émissions sur la télévision nationale France 3 ont été diffusées, le thème de ces émissions était l’infiltration des sectes dans les entreprises.
La conséquence directe de ces événements pour l’entreprise a été une perte de 50% de son CA en quelques jours, une perte qui représente environ 900 000 euros.
Une procédure de licenciement a été engagée pour un partie de son personnel afin de faire face à cette situation.
En avril 2007, PANDA SOFTWARE est l’objet d’une nouvelle campagne de presse. Libération et Le Parisien dénoncent ses dirigeants qui sont « identifiés par la mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES), dans son rapport 2006, comme des scientologues ».
Suite à sa demande de mutation, Martine Rhein a été nommée dans une école du 17ème arrondissement de Paris à la rentrée 2001.
Chronologie des événements :
15 octobre 2001 : Le directeur de l’école Lecomte la convoque dans son bureau pour lui dire que des parents d’élèves sont passés le voir car ils ont appris qu’elle est scientologue et qu’ils souhaitent en parler à la FCPE pour que quelque chose soit fait à ce sujet.
26 octobre 2001 : Un collègue de travail dit à Martine lors d’une pause qu’il est très en colère et la menace en disant : “ Je te pousserai à demander ta mutation”. Il lui annonce en même temps qu’une affiche est apposée sur le panneau d’affichage intérieur de l’école et qu’on peut y lire : “ DANGER SECTES ”.
13 novembre 2001 : Le directeur convoque Martine pour lui annoncer que la FCPE souhaite faire une réunion sur le sujet “les sectes” au sein de l’école. Il insiste sur le fait qu’elle est irréprochable professionnellement et qu’elle à de bonnes relations avec les enfants et les adultes.
22 novembre 2001 : A midi, tous les enseignants assistent à une réunion d’information syndicale, présidée par un enseignant délégué du syndicat SNUIPP. Il déclare qu’étant donné que la Scientologie est reconnue comme une secte par l’Assemblée nationale, il met Martine en garde et dit qu’elle sera surveillée…
24 novembre 2001 : Le matin, la télévision TF1 se présente à l’école et veut filmer la cour et les enfants. Le journal Le Monde publie un article “ A Paris, la scientologie fait son nid ” où on peut lire : “ Depuis quelques mois les écoles redoublent de vigilance. Il y a trois semaines une enseignante d’un établissement du quartier a reconnu être scientologue. […] Le directeur de l’école a alerté l’Académie ”.
26 novembre 2001 : Le directeur de l’école dit à Martine que des œufs ont été jetés sur la porte de l’école. Lors de la surveillance de l’étude dans la cour, le soir, un collègue de Martine lui dit : “ Je ne te soutiendrai pas et tu ne seras soutenue par personne ”.
France-Soir du 26 novembre 2001 titre sur un quart de page “ L’instit qui fait peur ”.
1 décembre 2001 : L’inspecteur de circonscription vient voir Martine à l’école pour lui demander d’accepter un poste de remplaçante. Il affirme qu’on n’a rien à lui reprocher, ni côté professionnel, ni côté prosélytisme mais que pour calmer cette irritation, il faut qu’elle parte de cette école.
10 décembre 2001 : Martine rencontre l’Inspecteur d’Académie. A ce moment là, il lui est demandé d’accepter et de signer un ordre de mutation dans l’intérêt du service. Elle refuse de signer ce document puisque rien ne lui est reproché. L’après-midi elle retourne à l’inspection de circonscription où l’inspecteur lui remet à nouveau cet ordre en lui disant que si elle ne l’accepte pas, cela sera sanctionné comme abandon de poste. Elle est donc dans l’obligation de signer cet ordre.
Affaire Maryvonne / Ville de Levallois
Maryvonne est bibliothécaire depuis 20 ans, elle a exercé cette profession dans différentes bibliothèques municipales. Le 5 juin 2000, elle a été embauchée par la ville de Levallois Perret pour y tenir le poste de direction des bibliothèques.
Au cours des premiers mois dans ces fonctions, Maryvonne a rencontré les équipes en place et a travaillé à la détermination du programme d’action pour l’année septembre 2000 à septembre 2001. Pour cette période la notation professionnelle de sa supérieure hiérarchique était de 17,5 sur 20. Cette notation valide les compétences d’expertise, de gestion et d’encadrement.
Le 2 octobre 2000 le directeur général des services de la Mairie, Madame Glaize, a convoqué Maryvonne dans son bureau, en présence de la directrice des ressources humaines. Madame Glaize a annoncé à Maryvonne qu’elle était mutée au service Archives et Documentation sur un poste de Chargée de la documentation sur l’histoire de la Ville.
Il s’agissait là d’une rétrogradation dans ses responsabilités qui a eu lieu sans aucune justification concernant ses qualités professionnelles.
Pour assurer son poste de directrice Maryvonne occupait un bureau indépendant avec un ordinateur et était secondée par une secrétaire. Après l’attribution de son nouveau poste elle n’avait plus à sa disposition qu’une table et quelques crayons dans un coin du bureau réservé au personnel des Archives. Son poste de travail est coincé entre un pilier, le mur et des étagères. Elle n’a plus à sa disposition ni ordinateur, ni téléphone.
Le 2 novembre 2000, Maryvonne fait un recours contentieux auprès du maire de Levallois afin d’obtenir des explications particulières sur son transfert et à défaut de motivation de réintégrer son poste de directrice. Fin mars 2001, suite aux élections municipales, le nouvel adjoint au maire chargé du personnel, monsieur Gratzer a rapidement demandé à avoir un entretien avec Maryvonne. C’est à cette occasion qu’il a déclaré être en possession d’un dossier sur elle attestant de son appartenance à l’Eglise de Scientologie.
Le 1er juin Maryvonne a été convoquée à nouveau par Monsieur Gratzer. Maryvonne s’est fait accompagner d’un collègue bibliothécaire de la ville de Paris. La réunion a eu lieu en présence de la directrice adjointe des ressources humaines.
Lors de cet entretien « il a été indiqué clairement que l’origine de cette mutation d’autorité provient de ce que l’intéressée est membre de l’Eglise de Scientologie ». Monsieur Gratzer « a déclaré clairement à plusieurs reprises, et sous diverses formes, que pour lui et la Mairie de Levallois, la solution qui est souhaitée, c’est le départ volontaire de Madame (Maryvonne) »
Depuis, le 16 juin 2005, le Tribunal Administratif a rendu une décision annulant l’arrêté de mutation du 2 octobre 2000 visant Maryvonne. Cependant, seul un poste qui ressemble à un « placard bis » lui a été proposé. L’affaire se poursuit auprès du tribunal administratif.
