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Archive pour 16.9.2008
Mes réponses aux questions du journaliste Guillaume Dasquié sur la Scientologie pour Libération
16.9.2008 par dgounord.
1- Des responsables de l’Eglise de Scientologie ont pu exprimer, dans le passé, le sentiment de faire l’objet de campagnes de dénigrement, voire de persécutions, de la part des institutions françaises. Ce sentiment prévaut-il, de nos jours, en 2008 ?
Bien que certaines campagnes de dénigrement et tracasseries administratives aient cessé, les scientologues font toujours l’objet de maintes formes de persécutions et discrimination. Ceci est le résultat, toujours existant, de campagnes institutionnalisées et subventionnées par l’Etat contre des soi disant « sectes ».
Il suffit de lire la littérature de la Miviludes ou encore écouter les déclarations de son président, Jean Michel Roulet pour comprendre pourquoi la stigmatisation continue.
C’est ainsi que la HALDE nouvellement créée a récemment reconnu la discrimination accablante d’une scientologue dans son lieu de travail (mise au placard sans aucun motif professionnel)
Il y a des centaines de membres discriminés qui n’ont pas déposé de dossier: Perdre son emploi, voir la clôture de ses comptes en banque sans motif, être dénoncé en tant que chef d’entreprise, ou encore voir son enfant exclu d’une crèche…. au simple motif que l’on soit scientologue…. est toujours d’actualité simplement parce que quelques têtes dures continuent à semer la terreur de façon totalement gratuite.
Ne croyez pas que je cherche faire des scientologues des victimes pour attirer votre sympathie ou celle du public. En réalité, cela serait totalement contraire à notre philosophie.
Les deux dernières circulaires ministérielles prises par les pouvoirs publics, c’est-à-dire celle du 27 mai 2005 relative à la lutte contre les dérives sectaires, et celle du 25 février 2008 ayant le même objet, reconnaissent la position juridique que notre église a toujours soutenue.
D’une part, « la démarche consistant, pour les pouvoirs publics, à qualifier de « secte » tel ou tel groupement et à fonder leur actions sur cette seule qualification ne permet pas d’assurer efficacement la conciliation entre la « lutte contre les agissements de certains groupes » et « le respect des libertés publiques ».
D’autre part, « la notion de secte, certes couramment utilisée, est une notion de fait et non de droit ». En outre, « en l’absence de définition de ce qu’est un mouvement sectaire, c’est la notion d’ordre public qui est centrale. La détermination de faits portant atteinte à l’ordre public, aux biens et aux personnes, doit permettre de lutter contre les dérives sectaires. Mais il est de jurisprudence constante que les restrictions apportées au nom de la préservation de l’ordre public doivent l’être au cas par cas, in concreto, à partir de faits régulièrement établis ».
Malheureusement, entre ces circulaires et la réalité, il existe encore un fossé qui ne pourra être comblé tant que la MIVILUDES ne cessera pas de stigmatiser, pour les raisons souvent futiles, l’Eglise de Scientologie, et que l’Etat français apportera son soutien logistique et financier à des organisations antisectes dont l’intérêt est de maintenir une psychose collective contre ces mouvements, et d’attiser les difficultés plutôt que de les résoudre par le dialogue, dans le but de justifier leur existence et leur prétendue utilité publique.
Mais, c’est sur le terrain des droits de l’homme qu’il faut considérer la position de l’Eglise de Scientologie vis-à-vis de la discrimination dont, elle et ses membres, font l’objet.
Nous considérons que la Constitution française donne à tous de manière égale, le droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion et d’expression, et qu’il n’appartient pas à l’Etat de mettre en œuvre une politique de stigmatisation de certaines minorités de pensée.
A cet égard, il faut bien admettre que les pouvoirs publics français, sous la pression internationale, ont été contraints de faire volte face dans leur politique de lutte contre les « sectes ». En effet, la Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes a été dissoute au profit de la MIVILUDES, l’Etat français abandonnant ainsi sa prétention à vouloir lutter contre des organisations religieuses ad nominem.
2- Plusieurs plaintes contre l’Eglise de Scientologie, en cours d’instruction, émanent d’anciens membres de l’organisation. Dans la plupart des cas, ces dossiers visent des faits d’escroquerie. Comment l’expliquez-vous, quelle place tient l’argent dans la relation entre les membres et la hiérarchie de l’Église de Scientologie ?
Le climat que j’ai décrit plus haut se traduit par la multiplication outrancière des procédures judiciaires contre l’Eglise de Scientologie.
Depuis 1977, chaque plainte, aussi peu fondée soit-elle, est instruite, alors qu’en temps normal, le Parquet aurait classé l’affaire. La circulaire Toubon de 1996 invite d’ailleurs les procureurs à ouvrir systématiquement des enquêtes chaque fois que le nom d’une « secte » apparaît dans une plainte.
Les procès pour escroquerie contre l’Eglise de Scientologie ont commencé au milieu des années 1970 en raison de la monté en puissance des associations antisectes telles que l’ADFI, dont le but avoué est de « criminaliser » les pratiques religieuses scientologues. Ainsi, le délit d’escroquerie est-il l’un des tous premiers à être évoqué par les plaignants, sous l’influence de ces associations.
Le même procès est recommencé encore et encore.
C’est particulièrement flagrant à Paris où depuis 1977, certains dirigeants scientologues ont dû faire fasse à 5 affaires correctionnelles pour escroquerie. La première affaire commencée en 1977 et s’est terminée en 1980, 1981, et 1982 par deux jugements et un arrêt de la Cour d’appel de Paris de relaxe, ainsi qu’une reconnaisse l’Eglise de Scientologie en tant que religion.
Alors que pendant la durée de cette affaire aucune autre plainte n’avait été déposée contre l’Eglise de Scientologie, à peine s’était-elle soldée par une relaxe générale, qu’une nouvelle vague de plaintes surgissait, durant l’année 1983, puis de nouveau en 1989, toutes sous l’impulsion de l’ADFI.
Finalement, et après 25 ans d’instruction, en 2007, dans ces deux dossiers, les scientologues concernés ont enfin bénéficié d’un non-lieu, sur réquisitions du Parquet.
En 1999, une autre affaire du même genre a été déclenchée à Paris. En 2007, le Parquet a là encore requis le non-lieu.
En 2000, une autre troisième affaire d’escroquerie a été ouverte sur plainte d’une personne qui avait été membre de l’Eglise de Scientologie pendant 23 ans. En 2003, la Cour d’appel de Paris a prononcé une relaxe du chef d’escroquerie et de publicité mensongère.
Sans cesse de nouvelles affaires apparaissent tandis que la justice s’éternise dans celles qui sont en cours, pour finir par rendre des non-lieux ou des relaxes. Cependant, alors que de nombreuses relaxes ont été prononcées, chaque nouvelle plainte continue à être instruite comme si les précédentes décisions, favorables aux scientologues, n’existaient pas.
Sans compter que ce même procès a été faits aux scientologues espagnols et italiens, là encore avec des relaxes générales et une reconnaissance du caractère religieux de la Scientologie.
Vous m’interrogez sur la place de l’argent dans l’Eglise de Scientologie.
Cette problématique a été examinée par de nombreux tribunaux ou administrations dans le monde, et chaque fois, c’est la même réponse qui en a résulté. Je pourrais vous procurer des centaines de décisions dans ce sens.
On reconnaît généralement que la Scientologie étant une religion jeune qui ne reçoit aucune subvention publique, a le droit de vivre des contributions de ses membres.
La justice et les administrations de divers Etats admettent que le système de financement de la Scientologie par l’intermédiaire de pratiques religieuses tarifées (cours et conseils pastoraux) est parfaitement légal et légitime. A cet égard, si l’on inspecte les pratiques financières d’autres églises comme, par exemple, celles des bouddhistes, force est de constater qu’elles ne sont pas fondamentalement différentes.
Ce qui diffère, c’est la nature des enseignements et des pratiques religieuses, et cela a un rapport direct avec leur coût.
La doctrine scientologue est bien plus importante que celle des autres religions car sa source a vécu au 20ème siècle, à une époque où il était aisé de propager des écrits et d’enregistrer des paroles. Ainsi, les écritures sacrées de Scientologie se composent de plus de 3000 conférences enregistrées, dont seulement une partie a été traduite, et de plusieurs de milliers de textes écrits. La religion scientologue ne se résume donc pas dans un seul ouvrage. Il en y a des centaines et leur production à nécessairement un coût.
Toutefois, les livres produits par les éditeurs de Scientologie sont vendus à des tarifs ordinaires, de même que les conférences, aujourd’hui produites sous forme de CD.
Il faut toutefois considérer que l’Eglise est engagée dans une vaste opération de traduction en 50 langues de l’ensemble des écrits de son fondateur, et qu’il en va de même pour les 3000 conférences qu’il a données. Lorsque les scientologues achètent un livre ou une série de conférences, ils contribuent aussi aux énormes coûts de cette gigantesque entreprise de traduction.
Le tarif des cours dispensées par les églises de Scientologie est équivalent à celui des universités privées, et le coût de la formation d’un ministre du culte avoisine celle d’un séminariste catholique, ce que je pourrais aisément démontrer, chiffres à l’appui.
Il existe cependant de nombreux cours d’initiation qui sont très bon marché (les séminaires de week-end environ 50 euros), de même que de nombreuses cérémonies et activités qui sont gratuites.
Ce qui est plus coûteux, c’est le conseil pastoral dénommé « audition », lorsqu’il est reçu par une personne qui ne souhaite pas s’impliquer dans une formation religieuse. L’audition est la pratique centrale de la religion scientologue. Sans elle, il est impossible d’atteindre le salut sur le plan spirituel. Elle consiste en une série d’étapes graduées et d’entretiens qui se déroulent entre un fidèle et un ministre scientologue. Elle aboutit à des états de libération spirituels hautement désirables.
Cependant, selon la doctrine scientologue, le salut ne peut s’acquérir par la seule « audition » mais par une combinaison d’audition et de formation religieuse.
L’Eglise encourage donc vivement les scientologues à s’engager dans une formation religieuse. Pour cela, elle a mis en place des façons économiques de progresser sur le chemin de sa propre élévation spirituelle. On peut aussi recevoir l’audition ou conseil pastoral par un autre étudiant scientologue à qui on le donnera ensuite ; ceci s’appelle de la co-audition et c’est une route économiquement très accessible.
En revanche, si le fidèle, pour des raisons diverses et variées, ne veut pas se former et veut seulement recevoir l’audition, alors le coût sera plus élevé pour lui, car l’audition requiert l’intervention de plusieurs membres permanents et de toute une structure pour servir une seule personne.
Enfin, il faut considérer que les contributions financières des scientologues ne sont pas la seule la contrepartie du coût d’un service religieux. Bien au contraire, une grande partie des sommes collectées est affectée à des projets internationaux bénéficiant à l’ensemble de la communauté (traduction de toute la doctrine, achat d’immeubles pour servir de lieu de culte, campagnes pour faire connaître la Scientologie etc..), mais également à des œuvres sociales dans le domaine de la prévention contre la drogue, la réhabilitation des toxicomanes, la lutte contre l’illettrisme …
Chaque centime versé par un scientologue est utilisé pour réaliser les buts de la Scientologie qui sont : « Une civilisation sans folie, sans criminels et sans guerre, dans laquelle les gens capables puissent prospérer et les gens honnêtes puissent avoir des droits, et dans laquelle l’homme soit libre d’atteindre des sommets plus élevés. »
C’est d’ailleurs ce qui a été formellement reconnu par le fisc américain. En effet, en 1993, après l’audit le plus exhaustif de l’histoire de l’IRS qui a été mené durant plusieurs années, l’administration fiscale américaine a accordé à la Scientologie l’exemption fiscale lui conférant ainsi le statut de religion.
Le fisc américain a examiné tous les aspects financiers de l’activité de l’Eglise de Scientologie et en a conclu que l’activité était de nature charitable et que rien ne profitait aux dirigeants.
3- En examinant ces plaintes, on constate que régulièrement des membres de l’Église, aux revenus parfois modestes, ont versé des sommes importantes (de plusieurs milliers d’Euros) pour l’achat de simples livres. Comment, d’un point de vue économique, se justifie le prix de cette littérature ?
Les livres de Ron Hubbard sont vendus aux prix des livres du marché des librairies. (de 12 à 30 euros selon la taille). Il en est de même pour les conférences de Ron Hubbard vendues sur CDs, comme je l’ai déjà expliqué ci-dessus.
Quelques scientologues se procurent les œuvres complètes des bulletins de recherche de LRH sur le plan technique et administratif. Ce sont des volumes plus rares et donc plus chers.
4- Pour l’année 2007, quel est le montant total des recettes de vos diverses structures en France, l’Association spirituelle Église de Scientologie-Celebrity Center, ainsi que des diverses associations représentant l’Église de Scientologie dans les régions françaises (au total 23 structures déclarées en préfecture selon le Journal Officiel) ?
Les revenus des chaque Eglise de Scientologie sont distincts. Il n’y a pas de globalisation des revenus, donc pas possibilité de vous donner un chiffre pour toutes les églises. Ces chiffres varient d’ailleurs considérablement d’une église à l’autre.
Aucune association ne fait de profits.
Si les comptes des Eglises ne sont pas publics, je peux vous affirmer qu’ils sont régulièrement examinés par le fisc.
En outre, le chiffre de 23 ne correspond absolument à rien. Les associations 1901 sont les seules à vivre des contributions de leurs membres et elles sont moins d’une quinzaine en France. La communauté parisienne est de loin la plus importante car elle est servi par les deux plus grandes églises.
Les associations 1905 n’ont pas de ressources puisque les cérémonies religieuses sont gratuites.
Parmi les structures indépendantes dénombrées, il y a des associations sociales ou humanitaires, telles que par exemple de prévention contre la drogue, de lutte contre l’illettrisme ou encore pour restaurer les valeurs morales ou réhabiliter les délinquants. Ces activités sont généralement menées dans les cités. Il faut noter que ces structures ne ramènent pas d’argent mais qu’elles en coûtent.
5- Le patrimoine immobilier de l’Église de Scientologie à travers le monde, et ses placements financiers, rivalisent avec ceux d’entreprises ayant une vocation lucrative assumée. Au regard des diverses plaintes déposées en Europe contre l’Église de Scientologie pour des faits d’escroquerie, avez-vous la certitude que cette fortune a été constituée loyalement ?
Le patrimoine immobilier de l’Eglise de Scientologie à travers le monde est très modeste comparé à celui d’autres religions – (et ne parlons pas de celles qui sont installées depuis des siècles !).
La plupart des Eglises de Scientologie en France ne possèdent pas leurs locaux mais en sont locataires. Il n’y a aucune volonté en Scientologie de faire des investissements immobiliers si ce n’est la nécessité d’agrandir les locaux ou de créer de nouveaux espaces pour faire face à la demande croissante des personnes désirant emprunter le chemin spirituel qu’offre la Scientologie et pour permettre aux scientologues de progresser sur les niveaux supérieurs.
Il ne faut pas perdre de vue l’intérêt croissant pour la Scientologie dans la plupart des pays au monde. On compte aujourd’hui 11 millions de scientologues. Selon le Guiness Book des records, LRH est l’auteur le plus traduit au monde.
Vous évoquez des « plaintes » pour escroquerie en Europe. A ma connaissance, aucune n’a donné lieu à des condamnations. Au contraire, dans les rares pays où des procédures pénales ont eu lieu tels l’Italie ou l’Espagne, elles se sont soldées par des relaxes que je peux, bien entendu, vous procurer.
Quant aux affaires en cours, une plainte n’est pas une condamnation! De nombreux experts, administrations et jugements de par le monde ont conclu que le système financier de la Scientologie était un système honnête et qu’aucune autorité dans la hiérarchie de l’Eglise n’en tirait profit.
J’ajoute encore quelques remarques sur ces affaires « d’escroquerie » : De longue date, l’Eglise a considéré que si un membre désirait la restitution des contributions financières qu’il avait versées, il pouvait l’obtenir à condition de formuler une demande dans les trois mois du dernier service religieux terminé.
Ce délai dépasse de loin tout ce qui existe en termes de « clauses de rétractation » dans la législation française. Je peux vous garantir que cette clause est appliquée scrupuleusement dans chaque église de Scientologie. Souvent, d’ailleurs, les églises accordent le remboursement même au-delà des délais.
Parmi les fidèles qui cessent de pratiquer la Scientologie, 99,9 % quittent paisiblement l’Eglise. Une infime minorité sollicite le remboursement et l’obtient conformément aux règles que je viens d’exposer.
En dernier lieu, une très très infime minorité refuse tout remboursement et préfère déclencher un procès. Ce sont ces personnes que l’on retrouve dans les procès en escroquerie que vous évoquez. Lorsque l’on examine ces cas, on s’aperçoit que la plupart du temps, ils ont été guidés par les associations antisectes qui les incitent à la confrontation judiciaire. Ces associations les poussent à se considérer comme des victimes de « manipulations mentales ». Leur action n’est d’ailleurs pas dénuée d’intérêts personnels puisque chaque affaire contre la Scientologie est médiatisée, et les associations antisectes assurent ainsi une large couverture médiatique de leurs activités. Ces associations ont donc intérêt que des affaires judiciaires existent, plutôt que des règlements amiables.
Pourtant, lorsque l’on examine les procès en cours contre la Scientologie, on s’aperçoit qu’ils s’éternisent au détriment des mis en examens (dont certains depuis plus de 25 ans !) et des parties civiles. Personne n’y gagne au final sauf les associations antisectes.
À l’origine de ces plaintes, il y a souvent un conflit d’ordre purement familial, un parent apeuré par la description cataclysmique que l’ADFI lui a faite de l’adhésion à la Scientologie de sa fille ou de son fils.
On mesure très mal le pouvoir de manipulation que peuvent exercer les associations antisectes sur les gens car elles sont expertes dans le processus de diabolisation de la Scientologie. Je peux vous dire que chaque fois que nous avons essayé de dialoguer avec ces associations, elles ont refusé. Elles le revendiquent d’ailleurs dans leurs publications. Je me souviens même que l’ancienne présidente de l’UNADFI partait en courant chaque fois qu’elle me rencontrait car elle craignait que j’exerce une influence psychique sur elle ! Lors d’un procès à Lyon, l’un des magistrats a même déclaré que les scientologues l’avaient regardé de manière bizarre durant toute l’audience afin de l’hypnotiser. Nous ne sommes pas loin de la sorcellerie.
Tous les conflits avec les anciens membres pourraient aisément être résolus par l’intermédiaire de médiateurs indépendants et impartiaux. Mais à partir du moment où des organismes de lutte contre les sectes agissent, nous ne sommes plus dans le domaine du rationnel, mais nous faisons face à des personnes partisanes et concernées avant tout par leur propres intérêts. Bien entendu, les dirigeants de ces associations vous diront qu’ils ne s’intéressent qu’aux victimes. Demandez leurs alors pourquoi elles se sont opposées aux familles des victimes de l’OTS qui soutiennent la thèse du meurtre, plutôt que celle du suicide.
La plupart des dirigeants de l’ADFI ont d’abord eu un proche qui s’était engagé dans un groupe minoritaire. Tel est par exemple le cas de l’actuelle présidente de l’ADFI Nord, catholique pratiquante, dont la fille était Témoin de Jéhovah. On mesure ici à quel point derrière la lutte contre les « sectes » peut se cacher une lutte de chapelles.
Je termine en indiquant que les questions que vous posez méritent bien plus que cette réponse très sommaire. Il faudrait une enquête bien plus exhaustive sur la Scientologie que le simple papier que vous allez rédiger en quelques heures, et qui vous fera à peine survoler un sujet qui mérite bien plus d’attention.
Ayant une grande expérience des reportages sur la Scientologie, j’émets le vœu que vous ne fassiez pas ce que beaucoup d’autres ont fait avant vous c’est-à-dire sombrer dans le sensationnalisme antisectes qui ne véhicule que les thèses simplistes, irrationnelles et dangereuses pour les libertés, de certaines associations.
On ne peut évoquer sérieusement de la Scientologie sans bien la connaître, sans en avoir une certaine familiarité.
C’est ce qui manque à nos adversaires car c’est derniers se fondent sur des préjugés qu’ils refusent de remettre en question parce qu’il est tellement plus simple de caricaturer.
Vous ne pouvez sérieusement évoquer les affaires judiciaires sans connaître toutes les affaires auxquelles la Scientologie a été confrontée dans le monde. L’étude de la jurisprudence existante est indispensable à un reportage objectif.
Souvent, les médias donnent la parole à des prétendues victimes dès le dépôt d’une plainte, et prennent fait et cause pour ces personnes, sans faire d’enquête sérieuse et sans attendre le résultat final. C’est, bien entendu, une atteinte au principe de présomption d’innocence. Qui parle ensuite des relaxes ou non-lieux obtenus par les scientologues après des années d’accusations judiciaires et médiatiques infondées ?
Les médias se jettent souvent sur la première plainte venue avec avidité et prennent immédiatement parti pour les auteurs de ces plaintes.
Mon expérience avec le journal Libération est qu’il a toujours agi dans le sens que je viens de décrire.
J’espère que vos questions ne sont pas un prétexte pour pouvoir prétendre que la Scientologie a eu la parole car, en réalité, je n’ai répondu qu’à des questions d’ordre très général et je ne sais rien ou presque du sujet du reportage que vous allez rédiger.
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