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Archive pour juil  

Faut-il avoir peur de ce que l’on ne connaît pas ?

 

daniele-blog.jpgEn cette époque de conformisme, beaucoup ont du mal à comprendre l’adhésion de certaines personnes à des idées et des façons d’être différentes de celles adoptées par la plupart de leurs contemporains.

Cette suspicion a conduit certains à qualifier arbitrairement de « sectes » des émergences généralement spirituelles ou culturelles qui leur déplaisent à priori. Ce mot n’est alors qu’une étiquette péjorative collée sur ces mouvements, transformant leurs membres ipso facto en parias ou en délinquants.

Ce phénomène n’est pas nouveau, on peut même dire qu’il est aussi vieux que le monde car : ce qui est nouveau fait peur.

L’émergence de nouveaux mouvements philosophiques a toujours été vue par la société comme un danger à éliminer. En effet, ils remettent en question les croyances et l’autorité établies. Il en fut ainsi de Socrate dont l’honnêteté intellectuelle fut perçue comme un défi à l’ordre établi et entraîna sa mort.

À l’époque romaine, le mot « secte » a été utilisé dans un sens péjoratif par les Juifs pour désigner le Christianisme naissant. Lorsque Saint Paul comparait devant le proconsul Félix, on se réfère à lui dans les termes suivants: « Nous avons trouvé cet homme ; c’est une peste, un homme qui incite aux troubles parmi les juifs dans le monde entier, un chef de la secte des nazaréens… » (Actes, XXIV, 5 et 14).

Lorsque le Christianisme atteint Rome, la société romaine le rejette vivement de crainte qu’il ne mette en péril les valeurs sociales et religieuses traditionnelles. Le message du Christ est perçu comme un manifeste dangereusement révolutionnaire et la répression se déchaine entrainant dans son sillage les persécutions et le supplice des martyrs.

Depuis, on utilise couramment le mot « secte » au sens péjoratif pour qualifier tout mouvement nouveau dont on se méfie à priori et par ignorance.

Du fait de la connivence totale entre l’Eglise et le pouvoir politique, celui qui passait pour avoir des idées étranges ou différentes courait le risque d’être accusé d’hérésie ou même de sorcellerie et risquait le bûcher. A l’aube du second millénaire, les Cathares, les Vaudois et tous ceux qui mettaient en cause les abus et les égarements de l’Eglise en aspirant à une vraie spiritualité en dehors du pouvoir temporel et des calculs politiques, ont été durement réprimés par l’Inquisition.

Au XVI et XVIIème siècles apparaissent de nouveaux signes de dissidence, l’Eglise Catholique de Rome est mise en cause par des nombreux théologiens. Cette fronde donne naissance au protestantisme. Il s’agit d’une réforme de fond de la pratique religieuse chrétienne, d’un retour aux sources (la Bible) et à la simplicité, loin des fastes et des excès de la cour papale et du clergé catholique.
Lorsque le pape Léon X commence la vente des indulgences (le rachat de ses péchés en argent comptant) Martin Luther se révolte, le 31 octobre 1517 il appose les 95 thèses contre les indulgences sur la porte du château de Wittenberg, insolence qui lui vaudra de se faire excommunier à peine trois ans plus tard. Cette fois-ci Rome ne réussira pas à étouffer la grogne dans l’œuf, l’Eglise ne pourra pas exterminer ses objecteurs comme au XIIme siècle, la Réforme s’étend dans le nord de l’Europe, les Princes allemands adoptent le Luthéranisme et confisquent les biens de l’Eglise. Calvin reprend les théories de Luther tout en insistant sur certains éléments comme celui de la « gloire du Seigneur », il doit quitter la France à cause des persécutions et se réfugie en Suisse. Les protestants payeront un lourd tribut en France. Le Calvinisme va prendre pied et s’enraciner en Suisse, aux Pays-Bas et en Ecosse.
Nombre de Français vont se convertir au protestantisme. La résistance contre ce nouveau mouvement donnera lieu à huit guerres dites « de religion », trente années de trêves et de massacres et deux millions de victimes directes et indirectes.
En 1598, Henry IV signe l’Edit de Nantes et pose les bases d’un état moderne. Cet édit constitue un modèle de tolérance dans le cadre d’une monarchie forte et centralisatrice il anticipe admirablement les valeurs républicaines. Le catholicisme n’est plus exigé pour avoir un état civil ou pour occuper une charge.
Le roi fait respecter la liberté de conscience de ses sujets et leur impose la cohabitation dans son royaume, jetant ainsi les bases de la laïcité.
En 1685, Louis XIV va supprimer la liberté de culte aux Protestants en révoquant l’Edit de Nantes. Tout est prétexte à la démolition des temples, les temples sont rasés, aux pasteurs envoyés en exil. Les frontières sont alors fermées. Nombreux seront ceux qui, attachés à leur foi, et n’étant pas partis en exil dans les pays du « Refuge » (Suisse, Allemagne, Hollande, Angleterre, …), se réuniront « au Désert », à l’abri des regards, dans des endroits cachés, pour célébrer le culte interdit, organisant une “église de l’ombre”, clandestine, pendant plus d’un siècle en risquant la mort, les galères ou la prison à vie.
Cette page d’histoire concerne toute la France mais a marqué particulièrement le Languedoc et les Cévennes, où, dès le début du XVIème siècle, le protestantisme s’est largement implanté.
Il faudra attendre la Révolution Française pour que soient proclamés la liberté de conscience et le libre exercice du culte.
Rappelons cependant qu’à la fin du XIXème siècle, lorsque la congrégation protestante L’Armée du Salut commença ses quêtes dans la rue, ses membres furent emprisonnés et le mouvement interdit. 100 ans plus tard, ils sont intégrés dans la société et reconnus d’utilité publique.

Ainsi vont les idées nouvelles ; elles sont attaquées, rejetées, discréditées et leurs partisans expulsés ou emprisonnés. Pratiquement chaque nouveau mouvement a été, à ses débuts, pris à parti et qualifié de « secte ». La Franc-maçonnerie elle-même, n’échappe pas à cette règle. Il ne faudrait pas oublier qu’autrefois, quand on parlait de « la secte », on se référait tout simplement aux francs-maçons. Quant à la Scientologie elle en subit encore les revers.

Sources :
http://www.herodote.net
http://fr.wikipedia.org

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